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"Ma pauvre fille" : Quand Rachida Dati, nommée ministre de la Culture, méprisait Élise Lucet dans "Cash investigation" sur France 2

Rachida Dati tacle Elise Lucet © Dailymotion

Archive. Rachida Dati entre au gouvernement. Au lendemain de sa nomination au ministère de la Culture par Emmanuel Macron et Gabriel Attal, le nouveau tandem de l'exécutif, la première garde des Sceaux sous le mandat de Nicolas Sarkozy a officiellement pris ses fonctions ce vendredi 12 janvier 2024, une fois la passation de pouvoir avec Rima Abdul Malak terminée.

"Votre carrière pathétique"

Rachida Dati installe ainsi ses cartons dans le ministère de tutelle des entreprises de l'audiovisuel public français, composées de journalistes contre lesquels elle n'a pas ménagé ses coups ces dernières années. Dans le genre, la séquence la plus mémorable remonte à septembre 2015. Poursuivie dans les couloirs du Parlement européen par Élise Lucet qui enquêtait pour "Cash investigation" sur ses liens supposés entre à GDF-Suez, devenu depuis Engie, Rachida Dati s'en est pris frontalement à Élise Lucet, qui attendait des réponses. L'ex-garde des Sceaux d'évoquer directement des "accusations à la con". "Vous êtes juge d'instruction ? Non", a-t-elle enchaîné directement, sur un ton très sec, pour contrer les relances d'Élise Lucet. Agacée, Rachida Dati d'enchaîner : "Je n'ai pas peur de vous, ma pauvre fille. Ma pauvre fille...", a-t-elle lancé, avant de s'en prendre au parcours de l'ancienne présentatrice du "13 Heures" de France 2. "Non mais quand je vois votre carrière, votre carrière pathétique...", a ajouté la députée européenne, avant que la sécurité ne s'interpose.

Après avoir dénoncé les "méthodes scandaleuses" et le "harcèlement", l'ancienne protégée de Nicolas Sarkozy avait de nouveau dénoncé le travail de la journaliste de la chaîne publique une semaine plus tard sur LCI. "Moi je n'ai pas à lui répondre. Vous savez, la suspicion jetée par des journalistes qui veulent exister en créant des polémiques gratuites, ça discrédite votre profession et ça décrédibilise les politiques. (...) C'est tellement facile de jeter le soupçon sur quelqu'un comme moi". Rachida Dati a, rappelons-le, été nommée ministre de la Culture alors qu'elle est actuellement mise en examen pour "corruption" et "trafic d'influence" dans l'enquête sur ses prestations de conseil auprès de l'ex-PDG de l'alliance Renault-Nissan Carlos Ghosn.

Pas un mot sur l'audiovisuel public dans son discours d'investiture

Pour son investiture, ce vendredi, Rachida Dati n'a pas eu d'attention particulière pour l'audiovisuel public français. Au cours de son discours de départ à l'issue duquel elle a été ovationnée, Rima Abdul Malak a bien évoqué France Télévisions et Radio France, en passant en revue son action de ces vingt derniers mois passés rue de Valois."Je me suis battue bec et ongles pour sécuriser le financement de l'audiovisuel public et négocier une trajectoire en hausse donnant une visibilité aux entreprises jusqu'à 2028", s'est notamment souvenu Rima Abdul Malak, après la décision de l'exécutif de supprimer la redevance audiovisuelle en 2022.

À LIRE AUSSI : Audiovisuel public : Rima Abdul Malak annonce une hausse du budget pour 2024 mais sous conditionsS'il est vrai que le budget de l'audiovisuel public pourrait ainsi atteindre 4,262 milliards d'euros en 2028 contre 3,8 milliards d'euros en 2023, cette hausse est, pour la première fois et dès 2024, soumise à conditions. Rachida Dati aura peut-être à gérer les discussions avec les représentants de l'audiovisuel lors de la clause de revoyure fixée à 2026, qui permettra d'étudier d'éventuels financements supplémentaires en 2027 et 2028.

publié le 12 janvier, Ludovic Galtier Lloret, Puremédias

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