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Caroline Vigneaux veut dépoussiérer Les Molières sur France 2 et en faire "un grand divertissement, façon 'Champs-Elysées'"

Caroline Vigneaux a carte blanche pour la 35ème Nuit des Molières sur France 2. L'humoriste propose une formule différente, mettant davantage l'accent sur le registre du divertissement. Rencontre.

La 35ème Nuit des Molières est diffusée en direct depuis les Folies Bergère, sur France 2, ce lundi 6 mai. Cette année, c'est l'humoriste Caroline Vigneaux qui en est la maîtresse de cérémonie. Celle qui a été nommée pour le Molière de l'humour en 2019 pour son spectacle "Caroline Vigneaux croque la pomme" a décidé de faire de cette remise de prix un véritable divertissement et en propose une nouvelle formule. Puremedias l'a rencontrée une dizaine de jours avant la cérémonie.

Propos recueillis par Laura Bruneau

puremedias.com : Lors de la conférence de presse, vous avez présenté votre rôle de maîtresse de cérémonie des Molières avec un texte très bien écrit. Est-ce que toutes vos interventions pendant la cérémonie seront aussi écrites ?Caroline Vigneaux : J'aime beaucoup les mots, j'aime bien les choisir, donc oui. Je laisse peu de chance au hasard, sauf l'improvisation. Quand elle apparaît, je la saisis parce que j'adore ça. J'aime bien l'idée que ce soit un véritable divertissement, bien préparé, je sais où je veux aller.

Donc chacune de vos interventions sera bien préparée, bien cadrée ? Normalement (rires), mais c'est du spectacle vivant, on ne peut pas savoir.

Vous avez dit souhaiter que cette cérémonie des Molières ressemble à "Champs-Elysées" que vous regardiez et appréciez étant petite. Comment est-ce possible pour une soirée de récompenses ?C'est de modifier un peu la formule, demander aux gens qui reçoivent un prix, au lieu de remercier des gens que l'on ne connaît pas, de parler aux gens qui regardent cette cérémonie, de leur pièce, de leur art, de leur passion, pour donner envie. Et puis aussi c'est de faire intervenir des surprises et des artistes.

Et alors, à quoi vont ressembler les Molières façon Caroline Vigneaux ?A un grand divertissement, façon "Champs-Elysées".

J'ai envie de tester quelque chose- Caroline VigneauxComment vous allez réussir à empêcher les traditionnels remerciements des vainqueurs ?Je ne peux pas les empêcher, je leur ai demandé de m'aider, de croire en mon idée. Je ne dis pas que c'est la bonne formule, j'ai envie de tester quelque chose et je leur ai demandé de m'aider à transformer les téléspectateurs en spectateurs de théâtre. J'espère qu'ils m'aideront.

Comment les artistes ont accueilli cette proposition ?C'est très mitigé. C'est ce que j'attendais de toute façon. Quand vous prenez une décision, il y a des gens qui adhèrent, d'autres qui n'y adhèrent pas. Mais si je n'avais pas pris de décision, on m'aurait reproché de ne pas en avoir pris. Quoi que vous décidiez, quoi que vous fassiez, vous ne pouvez jamais faire l'unanimité. Même Soeur Emmanuelle n'a pas fait l'unanimité. Personne ne fait l'unanimité.

L'année dernière, pour les Molières, Alexis Michalik avait proposé une émission assez chorale, entouré d'un certain nombre de comédiens. Est-ce que vous, comme dans votre spectacle, vous allez tout faire toute seule ou vous allez être entourée d'autres personnes ?Ce ne sera pas chorale de la même façon que Michalik, mais je ne serai pas seule parce que je vais m'entourer de plein d'artistes, qui vont nous montrer leur art, avec plein de belles surprises.

Est-ce qu'on peut savoir qui a déjà accepté votre invitation ?Non, parce que ce sont des surprises. Mais ce que je peux dire c'est que je vais essayer d'avoir un maximum d'arts du spectacle vivant représentés, de la magie, des circassiens, de la chanson, de la musique, de la comédie musicale évidemment. Il y aura vraiment de tout.

Quoi que vous décidiez, quoi que vous fassiez, vous ne pouvez jamais faire l'unanimité.- Caroline VigneauxMichel Field a présenté cette soirée comme une "carte blanche à Caroline Vigneaux". Est-ce que vous avez complètement carte blanche, êtes 100% libre du déroulé de la soirée ?Non, évidemment il y a les obligations liées à cette soirée qui est quand même une cérémonie aussi. Ce n'est pas une entière carte blanche car il faut faire avec les contraintes de la cérémonie. Quand j'ai accepté de le faire, je savais qu'il y aurait des contraintes. Certaines sont très fortes, d'autres sont plus malléables.

Vous arrivez à faire avec ces contraintes pour créer la cérémonie dont vous rêvez ?Oui, je vais tout faire pour et on n'est pas loin d'y arriver.

Sur scène et dans les médias vous avez dénoncé les violences faites aux femmes. Est-ce que vous allez prendre un temps dans cette cérémonie pour en parler ?Evidemment, je suis féministe, ça fait partie de mon ADN, évidemment elle sera teintée cette cérémonie. Pour autant, c'est une cérémonie qui fête le spectacle vivant dans son ensemble, ce n'est pas une tribune que je vais utiliser de façon politique. Moi, je suis là pour fêter le spectacle vivant. Mais, pour autant, l'émission sera teintée, évidemment.

L'année dernière, les Molières avaient fait parler d'eux quand la ministre de la Culture avait été interpellée par deux comédiennes de la CGT. Prévoyez-vous un temps de parole pour les syndicats s'ils vous le demandent ?C'est en cours. On est en train de voir avec eux, de négocier, si oui ou non ils vont le faire. Pour l'instant, ce n'est pas encore décidé.

Ce n'est pas une entière carte blanche car il faut faire avec les contraintes de la cérémonie.- Caroline VigneauxConcernant la ministre de la Culture, Rachida Dati, vous comptez l'interpeller en direct ?Moi, non. Mais est-ce qu'elle sera interpellée par d'autres personnes ? La parole est libre dans ce pays, donc c'est possible.

Si Rachida Dati prend la parole, comme Rima Abdul-Malak l'année dernière, comment allez-vous vous y prendre pour maîtriser l'antenne ?C'est comme tout, ça dépend. Si elle est vraiment interpelée et qu'elle demande un droit de réponse et qu'on estime que ce droit de réponse est justifié face à l'interpellation qu'elle a subi, je ne vois pas pourquoi on ne le lui donnerait pas. Ce serait logique. Après, là on est en train de parler d'improvisations, de choses qu'on n'a pas prévues, donc je ne peux pas vous dire à l'avance comment seront gérées les choses qui ne seront pas prévues. On verra bien. Ce sera la magie du spectacle.

Pendant les Victoires de la Musique, en février dernier, Rachida Dati avait rejoint le car régie pour faire des blagues dans les oreillettes de Léa Salamé et Cyril Féraud. Si cela se produit avec vous, est-ce plus facile pour vous d'y réagir, en tant qu'humoriste, habituée à la scène et à l'impro ?Je ne sais pas, parce que je n'ai jamais eu d'oreillette dans une émission de télé. Sur la scène, je réagis avec ce qui se passe dans la salle. Dans un car régie, ça ne m'est jamais arrivé encore, je ne peux pas vous dire.

Vous êtes suffisamment armée pour réagir à ce type de perturbation ?J'adore ça. C'est ce que j'aime. Dans mon spectacle, je suis toujours à l'affût, parce que j'adore l'improvisation. Évidemment, s'il y en a, je saurais m'en saisir.

Dans mon spectacle, je suis toujours à l'affût, parce que j'adore l'improvisation- Caroline VigneauxLes Molières peinent à séduire le grand public, ils enregistrent des audiences très minces. Comment pouvez-vous faire pour attirer plus de monde devant cette cérémonie ?En faire un divertissement, demander aux gens de ne pas remercier des inconnus, que les gens devant leur télé ne connaissent pas, faire venir des vrais numéros pour montrer la diversité, la qualité, la magie du spectacle vivant.

Selon vous, ce sont ces numéros qui pourraient donner envie aux téléspectateurs de se déplacer en salle de spectacle ?C'est mon rêve. Je suis sûre qu'on va y arriver parce qu'il y a des numéros incroyables qui vont avoir lieu.

Ces dernières années, vous étiez moins présente à la radio et à la télé. C'était un choix de votre part ?Oui, parce que j'avais très envie d'écrire le spectacle que je joue actuellement en tournée, qui est un spectacle qui m'a demandé beaucoup de temps d'écriture parce qu'il est, notamment, très intime, parce que je parle de choses difficiles à dire. J'avais besoin de prendre ce temps là pour pouvoir l'écrire.

Vous qui avez débuté dans "On n'demande qu'à en rire", qui a permis de vous faire connaître à un plus large public, pensez-vous qu'aujourd'hui ce type d'émission manque dans le PAF pour, justement, donner envie aux gens d'aller voir des spectacles ?C'est une bonne question. Tout ce qui peut aider le spectacle vivant manque toujours. Après, il y a toujours une distinction entre ce qu'on voit à la télé et ce qu'on vit en salle, mais la télé, comme une cérémonie comme la nôtre, peut donner envie aux gens de venir dans une salle. Certains ne sont jamais allés au théâtre. En province, parfois, aller au théâtre, ce n'est pas facile, c'est loin, c'est difficile d'accès, l'information circule difficilement. La télé peut être un super vecteur pour promouvoir le spectacle vivant. Vous savez, moi j'ai découvert le théâtre avec "Au théâtre ce soir" sur une cassette VHS. Mon grand-père m'a montré "Croque-monsieur" avec Jacqueline Maillan. Donc c'est via la télé que j'ai découvert le théâtre.

publié le 6 mai, Laura Bruneau, Puremédias

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