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"On m'a proposé des rôles en échange de faveurs" : Aurélien Wiik (Munch) prend la parole et encourage l'émergence d'un #MeTooGarçons

© Christophe Clovis / Bestimage

Après l'actrice Judith Godrèche, c'est au tour de l'acteur Aurélien Wiik de témoigner des violences sexuelles qui lui ont été infligées durant son enfance par plusieurs personnes issues du milieu du cinéma.

Bientôt un #MeTooGarçons pour tous les hommes également victimes de violences sexuelles ? C'est, en tout cas, ce qu'espère initier Aurélien Wiik, acteur récurrent dans la série Munch et vu récemment dans Tout cela je te le donnerai, Jusqu'ici tout va bien, ou encore Le bazar de la charité.

"J'ai été abusé par mon agent et d'autres gens de son entourage"

C'est sur le réseau social Instagram qu'Aurélien Wiik a pris la parole hier, jeudi 22 février, pour dénoncer ce qu'on lui a fait subir durant son enfance.

"J'avais 11 ans. De mes 11 ans à mes 15 ans. J'ai été abusé par mon agent et d'autres gens de son entourage. J'ai porté plainte à 16 ans car il le faisait à d'autres. On était plusieurs gamins au procès. Il a pris 5 ans. C'est possible", raconte l'acteur dans plusieurs story.

Aurélien Wiik parle "d'agressions, harcèlements, tentatives de viol", évoque des "dîners piégés organisés par des vieux avec plusieurs mineurs", met en cause des "réalisateurs et producteurs". "Jusqu'à 25 ans, on m'a proposé des rôles en échange de faveurs. On a tenté de me droguer souvent", témoigne l'acteur aujourd'hui âgé de 43 ans.

"La douleur est plus dure que la honte"

"Tremblez, votre tour viendra. Vous savez qui vous êtes. Les garçons du cinéma se réveillent", assure Aurélien Wiik. Si l'acteur a décidé de partager son témoignage, c'est, en effet, avant tout pour encourager d'autres à le faire également.

"Pour tous les autres garçons victimes : la honte est restée collée trop longtemps. Le procès et la reconnaissance du statut de victime est importante. Ça aide à se reconstruire. La douleur est plus dure que la honte. Parlez à vos amis, à votre famille. La virilité est un vieux concept. Avoir été abusé ne fait pas de nous moins des hommes", insiste l'acteur dans un message accompagné du hashtag "Me too garçons".

Témoigner donc, mais aussi porter plainte. "Même s'il y a prescription, il faut porter plainte. Sans plainte, on ne vous croira pas. Ça passera pour de la vengeance facile", conseille Aurélien Wiik.

Aurélien Wiik veut rassembler d'autres témoignages

L'acteur rappelle également que ces violences sexuelles ne s'arrêtent pas au milieu du cinéma dans lequel il évolue, loin de là. "Prenons soin des enfants de notre pays. Ne pensez pas que cela n'arrive qu'aux enfants des voisins. Parlez leur avant un stage, une colonie de vacances, etc. Demandez leur au retour s'ils n'ont pas eu de problèmes. Pas de parano s'il existe un dialogue", souligne Aurélien Wiik.

Contacté par Le Parisien, l'acteur n'a pas l'intention d'en rester là : il affirme désormais attendre d'avoir rassemblé d'autres témoignages pour prendre la parole de manière plus importante.

publié le 23 février, Thomas Pouilly, Allociné

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