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"C'est jouissif de jouer un con"... Camille Combal incarne un acteur à l'ego surdimensionné dans la série Besoin d'amour sur OCS

La comédie "Besoin d'amour", disponible sur OCS, met notamment en scène Camille Combal dans la peau de Bryan Colbert, un acteur médiocre à l'ego surdimensionné. L'animateur de Mask Singer nous parle de ses premiers pas de comédien dans une série.

Actuellement sous le feu des projecteurs grâce à l'émission Mask Singer, dont la saison 5 est diffusée chaque vendredi soir sur TF1, l'animateur-star de la Une Camille Combal a une double actualité puisqu'il tient un rôle dans la comédie Besoin d'amour, disponible depuis ce jeudi 11 mai sur OCS.

L'occasion pour lui de faire ses débuts de comédien dans une série, après avoir joué dans de nombreux sketchs à la télévision et fait l'expérience du doublage à travers quelques films d'animation, dont Tous en scène 2, sorti en décembre 2021 au cinéma.

Créée et portée par Frédéric Hazan (Mike), Besoin d'amour s'intéresse au quotidien de Marco Delgado, un acteur de porno célèbre dont la carrière semble toucher à sa fin et qui, depuis quelques temps, est pris d'étranges malaises : il s'effondre pour un oui ou pour un non, tombe inanimé, comme foudroyé. Après avoir étudié son cerveau, on lui diagnostique un mal très rare : Marco a besoin d'amour. S'il ne trouve pas cet amour, si on ne l'aime pas, un jour il s'effondrera et ne se relèvera pas.

Dans cette dramédie romantique au rythme particulier et aux personnages hauts en couleur, Camille Combal prête ses traits, le temps de quelques séquences, à Bryan Colbert, un acteur à l'ego surdimensionné qui collectionne les succès dans des téléfilms et séries sociétaux comme les grandes chaînes les aiment. Et qui s'aime autant que la ménagère l'adule.

Rencontré il y a quelques semaines dans le cadre du Festival Séries Mania à Lille, où Besoin d'amour était présentée en avant-première, Camille Combal nous parle de cette première expérience dans une série, de son personnage qui pourrait bien devenir culte, et de ses envies de fiction.

AlloCiné : Comment êtes-vous arrivé sur le projet Besoin d'amour ?

Camille Combal : Fred Hazan est un auteur reconnu de Paris qui a fait beaucoup de choses, que ce soit des films, des séries, ou des spectacles. On se connaît depuis longtemps, on a travaillé ensemble, et là il se trouve qu'il montait ce projet-là et qu'il a pensé à moi.

Il m'a écrit ce personnage de Bryan Colbert et on a réussi à accorder ça avec mon emploi du temps, afin que je sois disponible pour trois ou quatre jours de tournage. Je suis ravi que ça ait pu se faire et je remercie Fred de m'avoir écrit ce rôle.

Qu'est-ce qui vous a plu dans ce personnage d'acteur à l'ego surdimensionné ? Vous aviez envie d'aller vers l'opposé de ce que vous êtes ?

En tout cas j'espère que ce personnage est à l'opposé de moi car, vraiment, c'est un con (rires). Mais peut-être que des gens vont me dire "On te reconnaît dans le personnage", ce qui serait hyper blessant (rires).

Bryan Colbert est sûr d'avoir un parcours extraordinaire. Il ressemble vraiment à ces gars qu'on croise, et qui, quand tu leur parles, tu sais qu'ils cherchent juste leur reflet dans tes yeux, tellement ils s'adorent. Donc Bryan Colbert fait partie de cette veine-là que vous avez forcément croisé AlloCiné (rires). Vous en avez eu en interview de ces gars-là ! Qui sont sûrs d'être les meilleurs, persuadés d'être super, et qui sont d'une suffisance dingue. Il est persuadé d'être le nouveau Bradley Cooper, alors que pas du tout.

J'en ai croisé énormément des Bryan Colbert. Dans la comédie, en télé, mais même en dehors. Il n'y a pas un dîner un peu mondain qui se fait sans au moins deux Bryan Colbert autour de la table. Le mieux, c'est quand à table, deux Bryan Colbert se retrouvent à côté. Là ça donne un match de Bryan Colbert, c'est ce qu'on adore (rires).

Fred a imaginé ce personnage qui m'a tout de suite plu et ensuite on l'a travaillé ensemble, pour voir ce qu'on pouvait rajouter pour s'amuser encore plus. Et il a laissé une vraie part à l'improvisation, j'ai pu proposer et tenter des choses, donc le tournage était hyper sympa, c'est un très bon souvenir.

Après le doublage pour Tous en scène 2, et les nombreuses parodies ou sketchs que vous avez pu faire à la télévision, c'était l'étape suivante logique de vous essayer à la comédie dans une fiction ?

Quand je suis arrivé à Paris, c'était pour faire de la fiction. J'ai fait pas mal de choses avec mes potes qui ont continué et qui sont devenus aujourd'hui de grands comédiens. On faisait des courts métrages, plein de choses. Je suis monté pour ça à Paris à la base. Et puis après, un peu par hasard, je me suis retrouvé à la radio, à la télé, ce qui me plaît beaucoup aussi.

Mais c'était cool de revenir à mes premières amours on va dire, ça faisait longtemps que je n'avais pas joué, en dehors des sketchs avec des perruques (rires). C'était génial, je me suis beaucoup amusé.

Bryan Colbert est un acteur médiocre qui pense être génial et est adoré de la ménagère. C'est compliqué de jouer un mec qui joue mal ?

Vu mon niveau de jeu, ce n'est pas trop dur de jouer l'acteur qui joue mal (rires). Non, sérieusement, c'est très amusant de jouer un acteur qui ne joue pas très bien. Je n'ai pas la plus grande expérience, mais je sais que tous les comédiens pourront le dire, c'est vraiment très jouissif de jouer un con.

Bryan Colbert est juste bête au fond, il est un peu bas de plafond. Il n'est pas méchant, ce n'est pas un sale type non plus, mais il est un peu con et persuadé d'être le meilleur. On s'inspire un peu de quelques personnes qu'on a croisées, comme... Non, je plaisante, je ne donnerai pas de noms (rires).

Comment s'est passé le tournage avec Fred Hazan ?

C'était super. J'ai eu la chance d'avoir des scènes très sympa à jouer, plutôt marrantes. Avec Fred, que je connais très bien, on a passé notre temps à rire.

Mais sur cette série, Fred est acteur principal, réalisateur et scénariste. Ça lui demande un boulot fou. Il faut savoir qu'il valide même le nœud des lacets de tes chaussures (rires). Il passe à côté de toi et il te dit "Je ne pense pas que les lacets devraient être noués". Il est dans un niveau de surcharge de travail et de précision assez fou. Avec des contraintes de budget qui sont celles qu'on a sur une série comme celle-ci. Il faut quand même rentrer pas mal de séquences en une journée.

Le tournage de Besoin d'amour s'est fait à un rythme assez effréné, mais dans une ambiance à la fois très cool et très studieuse. J'en profite pour remercier toutes les équipes techniques qui étaient vraiment très sympa. Et on a eu un très bon risotto à la crème au catering, sachez-le, on s'est régalé (rires).

Vous avez une scène avec Gérard Jugnot, qui joue l'agent de Marco Delgado. C'était impressionnant de lui donner la réplique ?

Gérard est quelqu'un de formidable, vraiment. Ça fait partie des plaisirs de ce métier aussi. C'est coché désormais sur ma liste : faire un truc avec Gérard Junior. C'est génial, j'ai beaucoup de chance.

D'après vous, laquelle des séries de Bryan Colbert pourrait vraiment voir le jour ?

Il y en beaucoup qui sont citées dans la série : Décon, "l'histoire d'un mec déconstruit", Colo, "sur le cancer du cul" si l'on reprend les mots de Bryan, Vasec, "l'histoire de deux mecs qui se rencontrent le jour de leur vasectomie, mais attention c'est un thriller", et bien sûr PN, sur un pervers narcissique. J'en oublie sûrement une ou deux. Mais vous l'aurez compris, Bryan Colbert aime bien les troubles. Dès qu'il y a un trouble qui sort, il en fait une série (rires).

Ce qui m'inquiète vraiment, c'est que je pense qu'il y en a une ou deux qui ne sont pas à l'abri de voir le jour d'ici quelques années. Mais si je dois en choisir une, je dirais Vasec. J'aimerais bien faire Vasec (rires). Qui est un bon nom d'inspecteur aussi. On pourrait retrouver ça dans une série policière, Inspecteur Vasec. "Inspecteur Vasec, je vous demande de quitter les lieux tout de suite".

Y a-t-il une scène ou une réplique de Bryan qui vous reste en mémoire ?

"Tu sais ce qu'on dit dans la jungle ? Si tu cherches le chimpanzé, adresse-toi au crocodile, c'est lui qui saura toujours où il est". C'est forcément celle-ci. J'adore, c'est du grand Bryan Colbert, toujours en mode gros con.

À un moment donné, il se retrouve avec un acteur joué par Jean Baptiste Maunier, qui est en train de vivre un bad buzz. En gros, Bryan Colbert fait semblant d'être concerné, mais il n'en a absolument rien à foutre. Il dit "Mais non, arrête avec les portables, débranche les portables. Moi, par exemple, je n'ai pas de portable. Si on veut me joindre, on demande à quelqu'un qui connaît quelqu'un qui me connaît. Tu sais ce qu'on dit dans la jungle ? Si tu veux parler au chimpanzé, demande au crocodile, il saura toujours où il est". Ce qui ne veut rien dire (rires).

Ça ressemble bien à la philosophie de Bryan Colbert, de mélanger des animaux à tout ce qu'il dit, il pense que ça fait intelligent, alors que pas du tout.

C'est la spécialité de Fred d'écrire des bons textes, et des textes qui ne ressemblent pas à l'humour qu'on a l'habitude de voir ou d'entendre. C'est un humour avec un rythme particulier, un peu sur la "gênance". La série va peut-être surprendre. Ce n'est pas une série d'humour avec le rythme qu'on a l'habitude de trouver. C'est complètement autre chose, c'est du Fredo à 100 %, qui est un peu décalé dans la vie aussi. Et je trouve qu'on retrouve son décalage dans la série et dans Bryan Colbert.

Avez-vous envie d'aller davantage vers la comédie dorénavant ?

Je ne lâche évidemment pas la télé et l'animation, je m'éclate toujours autant à faire Mask Singer ou Danse avec les stars. Mais j'ai plein de projets. On a créé des choses avec mes équipes, on est pas mal sollicités. Après, ce qu'il faut, c'est du temps. J'essaie de me libérer un peu de temps et, si j'y parviens, alors l'idée ce serait de proposer des choses en fiction, oui, ce serait super.

TF1 ne vous propose pas des scénarios de séries ou de téléfilms ?

Ce serait difficile à caser je pense. Et puis il y en a déjà sur la chaîne qui le font très bien, comme Jean-Luc Reichmann. J'ai plutôt envie d'aller vers des choses plus personnelles. On verra si ça voit le jour.

publié le 12 mai, Jérémie Dunand, Allociné

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