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Un Vice-Versa 3 ? Qu'en pensent les réalisateurs du nouveau film Pixar ?

Vice-Versa 2 sort ce mercredi dans les salles de cinéma ! Rencontre avec son réalisateur Kelsey Mann et le producteur Mark Nielsen pour discuter de ce nouvel opus.

Près de dix ans après leurs premières aventures, les émotions Joie, Tristesse, Colère, Peur et Dégoût, sont de retour dans Vice-Versa 2 pour affronter une étape cruciale de la vie de leur hôte, Riley : la puberté. Forcés de cohabiter avec de nouveaux arrivants quelque peu envahissants et notamment l'infatigable Anxiété, nos cinq héros vont devoir batailler pour offrir à leur jeune humaine, l'adolescence la plus douce possible.

Présents pour la séance évènement donnée au Festival International du Film d'Animation d'Annecy, le réalisateur Kelsey Mann et le producteur Mark Nielsen sont venus nous parler de la reprise du projet après la passation de Pete Docter, de leur processus de création et de l'amour de l'animation.

AlloCiné : Vice-Versa 2 voit arriver de nouvelles émotions, en plus de celles déjà présentes dans le premier volet. Comment avez-vous choisi ces quatre émotions spécifiques ?

Kelsey Mann : J'ai commencé par faire une liste, en m'interrogeant sur mes différentes options. Je les ai toutes notées sur un tableau, j'ai pris du recul et j'ai immédiatement été attiré par l'anxiété parce que c'est un sentiment que l'ont ressent aussi bien à l'adolescence qu'à l'âge adulte. C'est devenu le point de départ de l'histoire. En revanche, ça a été plus long pour les autres. À la base, nous avions choisi neuf nouvelles émotions. Je voulais que Riley se sente submergée comme c'est souvent le cas lors de la puberté. Mais avec autant d'émotions, je risquais aussi de submerger le public (rires). Nous nous sommes donc limités à quatre d'entre elles, les essentielles de l'adolescence, car elles sont toutes liées à l'estime de soi, à l'importance qu'on accorde au regard des autres et à la façon dont on cherche à s'intégrer.

Une fois les émotions choisies, comment leur donnez-vous un visage ? Quel est le processus pour transformer un concept aussi abstrait en personnage ?

Mark Nielsen : Sur ce point, le premier film nous a un peu préparé le terrain puisque nous avions déjà une base de travail avec le look des cinq émotions principales. Notre concepteur de production, Jason Diemer, s'est penché sur les dessins originaux et s'en est inspiré pour créer les nouveaux, en exploitant les formes et les couleurs. Nous adorons ce qu'il en a fait. Albert Lozano était le directeur artistique des personnages sur le premier opus et il a posé d'excellents jalons.

Parmi ces nouvelles émotions, laquelle est votre préférée ?

Mark Nielsen : Je vais dire Ennui. Parce qu'Adèle Exarchopoulos est magistrale sur ce personnage. Et parce que c'est une émotion que je retrouve à la maison, à travers mes adolescentes. En plus d'être très drôle, on peut facilement s'identifier à Ennui. Mes filles ont pensé la même chose lorsqu'elles ont vu le film.

Kelsey Mann : Je vais choisir Nostalgie. Maintenant que nous avons terminé, après avoir passé quatre ans à faire ce film, je pense que je vais me sentir un peu mélancolique.

Le film montre les sentiments de Riley mais aussi ceux de ses parents. C'était important pour vous que tous les publics puissent s'identifier aux personnages, qu'ils soient adultes ou enfants ?

Kelsey Mann : Travailler chez Pixar, c'est avoir la chance de réaliser des films pour tous les âges. Mark et moi sommes pères de famille, et il y a très peu de films que nous pouvons aller voir tous ensemble. J'ai l'impression que tout est ciblé maintenant. Dans Vice-Versa 2, que vous soyez l'enfant, le parent ou le grand-parent, chacun devait y trouver son compte. Pour ça, il fallait que les parents soient présents au même titre que Riley et Joie. D'ailleurs, c'est Joie la véritable protagoniste du film. Si vous y réfléchissez bien, elle entretient une relation maternelle avec Riley. Elle veut la protéger, la rendre heureuse. Elle l'appelle même "notre Riley". C'est pourquoi cette histoire est racontée à travers le prisme d'une relation parentale. Tous ces éléments peuvent permettre à chacun de s'identifier aux personnages.

Adèle Exarchopoulos est magistrale sur ce personnage. Vous avez travaillé sur de nombreux films d'animation. Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans ce genre ?

Kelsey Mann : Le travail d'équipe. C'est vraiment ce qui m'a fait tombé amoureux de l'animation. Enfant, j'adorais dessiner. C'était une activité très solitaire et ce n'est que lorsque j'ai commencé à travailler dans l'animation que je me suis mis à dessiner en groupe. Il y a 400 personnes qui ont travaillé sur ce film et avec lesquelles nous avons pu collaborer. Des techniciens, des artistes et des cinéastes incroyables. Je suis très fier de ce que nous avons accompli tous ensemble.

Nous avons vu Riley enfant dans le premier film, adolescente dans le second... Pouvons-nous espérer un troisième film dans lequel elle sera adulte ?

Mark Nielsen : C'est un pitch que vous êtes en train de nous proposer, là ? (rires) Nous n'avons pas encore commencé à travailler sur quoi que ce soit mais les gens ont sûrement envie de voir ça et c'est ce qui est formidable dans notre milieu : on peut aller n'importe où et faire tout ce qu'on veut. Le public avait hâte de savoir ce qui allait arriver à Riley et je pense qu'ils seront tout aussi impatients de la voir grandir encore. À mon avis, c'est un bel avenir qui se dessine pour tous ces personnages.

Kelsey Mann : Rien n'est prévu pour l'instant. Ça été très dur d'en arriver là et nous ne pourrions pas être plus fiers et plus heureux qu'à cette heure où le film sort en salles.

Propos recueillis par Manon Maroufi le 13 juin 2024 à l'Hôtel Impérial Palace dans le cadre du Festival International du Film d'Animation d'Annecy.

publié le 19 juin, Manon Maroufi, Allociné

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