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Il a pris 20 kilos pour jouer avec Virginie Efira : qui est cet acteur ?

Premier long métrage de Delphine Deloget, "Rien à perdre" est sorti cette semaine en salles. A cette occasion, voici cinq choses à savoir sur ce drame social porté par Virginie Efira.

De quoi ça parle ? Sylvie vit à Brest avec ses deux enfants, Sofiane et Jean-Jacques. Une nuit, Sofiane se blesse alors qu'il est seul dans l'appartement. Les services sociaux sont alertés et placent l'enfant en foyer, le temps de mener une enquête. Persuadée d'être victime d'une erreur judiciaire, Sylvie se lance dans un combat pour récupérer son fils.

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Félix Lefebvre a pris 20 kilos !

Jean-Jacques, l'un des deux fils du personnage de mère courage joué par Virginie Efira, est interprété par Félix Lefebvre, qui a été révélé grâce à Eté 85 (2020) de François Ozon. Pour incarner cet adolescent (presque jeune adulte) boulimique et anxieux, cet acteur en vogue (vu aussi en manager des NTM dans le biopic Suprêmes et en amant de Cécile de France dans le drame La Passagère) a pris 20 kilos :

"J'ai été bouleversé par la sensibilité de ce rôle magnifique, son regard, sa façon d'interagir. Il est dans un besoin d'aider et ne pose jamais ses problèmes sur la table mais à l'intérieur de lui, ça travaille. C'est pour toutes ces raisons que j'ai voulu m'investir physiquement pour mieux l'interpréter", a confié Félix au micro d'AlloCiné, lors de la présentation de Rien à perdre à Cannes dans la sélection Un certain regard.

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Pour trouver l'interprète de Jean-Jacques, la réalisatrice Delphine Deloget a d'abord fait un casting sauvage, mais a vite compris qu'il lui fallait un comédien ayant de l'expérience : "J'avais envie de filmer un garçon avec des problèmes de poids et plus particulièrement de boulimie. Félix m'a suivi dans cette idée. Il s'est emparé du rôle, a proposé de prendre des kilos, près de 20 ! Il s'est investi de manière impressionnante."

"Dans le film, c'est un problème du passé que Jean-Jacques a dominé, mais qui reste latent. Qu'est-ce que ce travers raconte de lui, de son rapport à la vie, à sa mère ? Est-ce un problème psychologique, un trauma familial ou une difficulté d'être qui ne doit pas chercher de cause ? J'avais en tête l'image d'un documentaire, Armand, quinze ans l'été de Blaise Harrison, avec un garçon un peu rond, énigmatique."

Un 1er long métrage

Rien à perdre est le premier long métrage de Delphine Deloget, qui a mis en scène deux courts métrages de fiction (Le Père noël et le cowboy en 2012 et Tigre en 2019). Elle confie : "À l'origine, je viens du documentaire, j'ai réalisé autant des documentaires journalistiques que des documentaires dits 'd'auteur' avec des formes qui empruntent parfois à la fiction (comme Voyage en Barbarie qui a remporté le Prix Albert Londres). Je vois ce long métrage comme une suite logique de mon travail. En fiction, il y a une autre manière de travailler et ce ne sont pas les mêmes contraintes."

"Mais, en documentaire comme en fiction, ce sont les mêmes questions de cinéma qui se posent : le point de vue, les questions de mise en scène, trouver une forme visuelle, comment dépasser un sujet pour rendre une histoire universelle... Pour Rien à perdre, j'avais vraiment envie de travailler avec des comédiens, de fabriquer des personnages, créer un univers, c'était ma motivation première, ça passait même avant l'envie de raconter une histoire."

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Virginie Efira, une évidence

Delphine Deloget a proposé le rôle de Sylvie à Virginie Efira en 2019 : "Elle a été très patiente. Elle aurait pu décrocher puisque les financements traînaient, mais non, elle a eu un engagement sans faille. J'ai été très touchée par la confiance qu'elle a eue et maintenue tout au long de ces années. Partir sur un premier film, c'est aussi s'aventurer dans un projet moins financé, plus chaotique", se rappelle la réalisatrice, en poursuivant :

"Elle a été là. Virginie est une personne qui réfléchit avec ses doutes avant chaque scène, puis est capable de jouer avec une certitude assez bluffante. Comme elle livre une partition précise, c'était assez jouissif au tournage de décaler, de pousser des curseurs, d'aller chercher parfois dans le burlesque ou l'humour certaines scènes. Elle a quelque chose de Gena Rowlands, mais moi, je pensais à Jack Nicholson en la regardant."

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Se documenter

Delphine Deloget a rencontré des dizaines de familles d'enfants placés et écouté des enregistrements sonores entre les parents et les services sociaux. La réalisatrice a aussi discuté longuement avec des avocats qui gèrent ce genre de dossiers et passé plusieurs jours dans le bureau d'un juge pour enfants. Elle se rappelle :

"Une plongée dans la complexité humaine qui m'a permis de tordre le cou à certaines idées reçues. Lorsqu'on parle de placement, on imagine le pire : inceste, maltraitance, sévices... Pourtant, 70% à 80% des placements d'enfants sont ordonnés suite à ce que les services sociaux appellent de la 'défaillance' : un mot tiroir pour parler de parents désorientés, d'enfants difficiles à gérer, de carence éducative, de logements inadaptés, de familles endettées..."

Pourquoi Brest ?

Delphine Deloget tenait à filmer cette histoire sur un territoire à part, une terre où les rêves ont un horizon mais se butent à une géographie particulière : "Brest, c'est le bout du monde. Après Brest, il n'y a plus rien, juste le vide. Brest est une ville étudiante, militaire, portuaire. C'est une ville contraignante par sa météo, sa géographie, par son architecture d'après-guerre, mais c'est aussi une ville qui laisse respirer ses personnages dans des paysages ouverts."

"Brest est également une ville underground qui aime la nuit et la musique. Et j'aimais l'idée de filmer cette histoire - comme un lendemain de fête difficile."

publié le 25 novembre, Laurent Schenck, Allociné

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