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Culte en 6 secondes : cet objet de cinéma est devenu légendaire en une seule scène

© Twentieth Century Fox

Il n'est apparu que six minuscules secondes dans "Borat", fièrement porté par Sacha Baron Cohen. Mais c'était déjà largement suffisant pour le faire passer à la postérité. Retour sur la création d'un accessoire culte.

Après avoir incarné à la télévision anglaise le rappeur Ali G, l'humoriste Sacha Baron Cohen débarquait en 2006 avec un nouveau personnage, Borat.

Originaire du Kazakhstan, Borat Sagdiyev est un journaliste fictif faussement candide qui tente de soulever les paradoxes et l'hypocrisie de la société par le biais d'interviews satiriques où ses questions misogynes, homophobes et antisémites ne manquent pas de provoquer des réactions inattendues...

Entre le chant de l'hymne kazakh par-dessus l'hymne américain devant un parterre de fans de rodeo, une course dans le plus simple appareil dans un hôtel, le kidnapping de Pamela Anderson... Sacha Baron Cohen ne s'interdisait rien, laissant libre court à sa folie dans ce documenteur largement tourné en caméra caché.

Qui a fatalement eu son lot de complications, entre l'avalanche d'interpellations policières (91 !!!) et de procès.

Six secondes pour passer à la postérité

Pourtant, au milieu de cette rivière de mauvais goût très sûr largement plébiscité par un public hilare, c'est surtout une très brève séquence qui marquera les esprits. En six secondes à peine : celle où Borat arbore fièrement son fameux mankini vert fluo.

Il faut dire aussi que le comédien avait déjà préparé le terrain, puisqu'il était venu sur la Croisette cette année-là arpenter la plage et les rues de Cannes vêtu de son maillot de bain une pièce.

Séquence souvenir, ci-dessous...

Un maillot de bain qui a fait de nombreux émules, avec des conséquences parfois très problématiques. Comme en 2017 justement au Kazakhstan, qui n'a logiquement pas vraiment goûté aux tribulations de Sacha Baron Cohen, accusé de ridiculiser le pays. Cette année-là, six touristes tchèques ont été arrêtés dans le pays, pour avoir revêtu ce maillot.

C'est au créateur de costume Jason Alper que l'on doit le mankini, inséparable de l'acteur puisque c'est aussi lui qui est derrière la création des looks improbables de Ali G ou Brüno. S'il a donc à son actif des costumes parfois WTF, il n'avait encore jamais créé quelque chose comme le mankini.

"On avait créé Borat dans le Da Ali G Show, mais lorsque c'est devenu un film, il y avait tout un background autour du personnage. A cet égard, j'ai toujours traité le personnage comme une vraie personne. C'est une vraie personne qui voyage, donc il aurait son costume, il aurait son pyjama et il aurait quelque chose pour nager et bronzer. Tout cela irait dans son sac.

Les vêtements devaient donner l'impression d'être vraiment portés et les gens devaient croire que ce type était réel. J'adore entrer dans les détails de ce qu'il aurait dans ses poches et dans son portefeuille, comme l'argent kazakh et les vieilles coupures de presse kazakhes.

Pour moi, il était logique que la garde-robe de Borat soit composée de vêtements arrivés au Kazakhstan et qui étaient populaires aux États-Unis 20 ans auparavant. La beauté de cela, c'est que les gens peuvent s'y identifier. Le costume de Borat est juste légèrement surdimensionné. Ce n'est pas drôle, c'est juste un peu décalé".

Et le mankini alors ? "La séquence fonctionne parce que c'était dans un environnement contrôlé. La séquence ne dure que quelques secondes dans le film. [...] En fait je n'avais pas de design particulier le concernant, c'était juste un maillot qu'on avait balancé dans sa valise pour remplir sa garde robe.

Sacha et moi parlions de ces combinaisons léopard portés par les culturistes et haltérophiles d'Europe de l'Est, et je me suis dit que ce serait marrant si on pouvait en faire un string. J'en ai donc pris un que je me suis mis à découper pour le haut, et j'ai pris un slip Speedo pour le bas. C'était fait en spandex, avec un effet de soufflet renforcé [au niveau des parties intimes].

Trois fois rien. Pour la couleur en revanche, il fallait que ça rappelle les trucs en spandex des années 80. J'ai aussi réfléchi à la manière de le porter. C'est comme ça que j'ai rendu la partie conçue avec le speedo plus étroite, de sorte que si vous courez avec les genoux vers l'extérieur, votre "paquet" ne tombera pas. En revanche si vous courez normalement, ça sera le cas !"

Du génie dans la simplicité.

publié le 29 novembre, Olivier Pallaruelo, Allociné

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