Actus cinéma

Angel Heart avec Robert De Niro : la fin expliquée

© Studiocanal

Porté à bout de bras par un fabuleux Mickey Rourke lancé dans une enquête sordide et un Robert de Niro méphistophélique, "Angel Heart" d'Alan Parker met plus d'une fois les nerfs à rude épreuve. Jusqu'à la révélation finale choc.

1955. Harry Angel est un détective privé. Un homme se faisant appeler Louis Cyphre l'engage pour rechercher un certain Johnny Favorite. Son enquête à peine commencée, toutes les personnes qu'il contacte ayant connu Johnny sont tuées dans des circonstances mystérieuses. Au fur et à mesure qu'il apprend des choses sur lui-même et son client, Harry découvre qu'il doit se battre pour sa propre survie...

Adapté du roman Le Sabbat dans Central Park de William Hjortsberg et publié en 1978, Angel Heart d'Alan Parker a l'intelligence de délocaliser grandement l'intrigue du roman en la situant en grande partie dans les bayous moites de la Louisiane.

Sensationnel mélange, finalement assez rare, de Thriller et d'horreur, porté à bout de bras par un Mickey Rourke au sommet qui patauge avec rage dans les marais nauséeux de son subconscient au fur et à mesure que son enquête avance, le film sera hélas un douloureux échec au box office. Une sanction totalement injustifiée, que le temps réparera heureusement pour hisser cette pépite au rang d'oeuvre culte.

I Know who I am !!!!!!

La fin d'Angel Heart est à la fois complexe et tout à fait symbolique; où se mélange l'épilogue atroce d'une quête d'identité, un destin inéluctable et tragique, et les conséquences forcément funestes lorsque l'on pactise avec le mal incarné.

Harry Angel mène donc une enquête au cours de laquelle les cadavres s'amoncellent de plus en plus : tous les témoins qu'il rencontre et qui sont mêlés à son affaire se retrouvent assassinés.

Au bout du compte, Harry Angel découvre qu'il n'est autre que l'homme qu'il recherche, Johnny Favorite. Ce dernier, qui était aussi un grand sorcier vaudou, avait vendu son âme au Diable pour la gloire et la fortune, représenté par Louis Cyphre... Lucifer.

Mais lorsque le Diable est venu réclamer son âme immortelle à la suite de ce pacte faustien, Johnny Favorite a tenté de s'y soustraire. En 1943, Favorite avait kidnappé un jeune soldat et avait exécuté un rituel satanique sur le garçon, l'assassinant et mangeant son cœur encore battant afin de se cacher du Diable en échangeant son identité.

Au domicile de Margaret Krusemark (Charlotte Rampling), Harry découvre dissimulée dans un petit vase la plaque d'identité du fameux soldat : c'est la sienne, Harold Angel. Louis Cyphre apparaît alors, et Harry comprend qu'il n'est autre que Lucifer en personne.

Harry tente pathétiquement de nier sa responsabilité dans les meurtres de son enquête, mais Louis Cyphre a tôt fait de le confronter sur son macabre bilan. "Je n'ai tué personne ! Je sais qui je suis !" - "J'ai bien peur que si, ils ont tous été tués de tes propres mains, guidées par moi, naturellement" lâche le Diable. "Depuis 12 ans tu vis sur du temps emprunté et des souvenirs d'un autre". Et d'ajouter : "la chair est faible, Johnny. Seule l'âme est immortelle. Et la tienne m'appartient !"

Frénétique, Harry retourne à sa chambre d'hôtel, où la Police a découvert le corps d'Epiphany Proudfoot, violée et atrocement mutilée, avec la plaque d'identité de soldat d'Harry que le Diable a déposé sur elle. Lorsque Harry dit aux policiers qu'Epiphany est en réalité sa fille, l'un d'eux lui lance un "vous brûlerez pour ça". Ce à quoi Harry réplique : "je sais. En enfer".

Durant le générique de fin, Angel est vu debout à l'intérieur d'un ascenseur aux airs de monte-charge, qui descend interminablement. Une image qui renvoie évidemment à sa descente aux enfers. Alors que l'écran devient noir, on peut entendre Cyphre chuchoter "Harry" et "Johnny", annonçant sa possession des deux âmes communes.

publié le 11 décembre, Olivier Pallaruelo, Allociné

Liens commerciaux