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Anthony Yerkovich

Anthony Yerkovich peut s’enorgueillir d’avoir fait avancer la télévision. Avec Miami Vice et ses MTV cops, comme les avaient -plutôt bien- définis la critique de l’époque, il a conféré une nouvelle dimension à la série télé policière aussi bien dans la noirceur que dans l’esthétique saturée et inventive – même si aujourd’hui dépassée - des réalisations qui rythment la série.

Dans le Hall of fame du Hollywood télé, Anthony Yerkovich doit sa renommée à la création d’une seule et unique série. Une de celles qui font avancer d’un seul coup le medium entier. Que l'on aime ou que l'on n’aime pas Miami Vice, que l'on trouve la série affreusement datée et surtout que l'on n’adhère pas à son extension cinématographique, il faut quand même reconnaître qu’elle a marqué de son empreinte les années 80 et qu’elle est aujourd’hui encore une icône cathodique de la période sans en être la meilleure – ni la pire - représentante. Certes, l’apport de Michael Mann notamment dans l’aspect graphique et l’ambiance de Miami Vice ne doit pas éclipser Yerkovich. Son rôle ne saurait être réduit au minimum. Son passage par la writing-room (auteur sur 31 épisodes) d’une autre grande série novatrice des années 80, le Hill street Blues de Bochco / Kozoll,  lui a forcément donné des idées. Renouveler la forme du cop-show était une réelle gageure tant le genre reste toujours aussi embouteillé, Yerkovich a su donner à son duo de flics une distance réglée à merveille dans un Miami peuplé de méchants qui nous rappelle le Tony Montana de Scarface. Le reste de sa production ne révèle aucune nouvelle grande idée. Quelques années auparavant, Starsky et Hutch semble un intéressant galop d’essai (et marque sa rencontre avec Michael Mann). Il y a d’ailleurs quelque chose de David Starsky et de Ken Hutchinson dans le tandem Sonny Crockett / Ricardo Tubbs.  Le curseur de crédibilité (peu élévé) est quasiment le même, la noirceur (très présente) est palpable dans les deux cas. Miami Vice est une sorte de climax pour la figure du tandem de flic classique. A partir de Miami Vice, les méchants ont leur mot dire et peuvent même avoir celui de la fin. La déconstruction est en marche et annonces les NYPD Blue, Homicide, The Shield ou encore Southland. A partir de là, l’ensemble cast sera toujours le plus fort.

Anthony Yerkovich doit sa renommée à la création d’une seule et unique série.

En 2006, Yerkovich a eu l’occasion de renouveler l’expérience Miami Vice mais pour le cinéma cette fois-ci. Michael Mann est devenu entre-temps ce qui se fait de mieux ou presque à Hollywood. Pas sûr que leur association ait permis de refaire le coup de leur série à la fois classique et moderne, kitsch et s’assumant comme telle (musique, guest, montage parfois clipé à la nausée). On ne peut pas déclencher des cataclysmes pop-culturels à chacune de ses créations.

Crédits principaux
Miami Vice (cinéma) (Producteur exécutif et Scénariste, 2006)
Big Apple (Producteur exécutif et Scénariste, 2001)
Hollywood Confidential (Producteur exécutif et écrit par, 1997)
Deux flics à Miami (Producteur exécutif - 6 épisodes, 1984 | Créateur et Scénariste - 111 épisodes, 1984-1990)
Private Eye (Producteur et écrit par, 1987)
New-York Police Blues (Scénariste - 31 épisodes, 1981-1983 | Producteur - 18 épisodes, 1981-1982 | Producteur superviseur - 17 épisodes, 1982-1983)
Pour l'amour du risque (Scénariste - 1 épisode, 1981)
240-Robert (Scénariste - 2 épisodes, 1979)
Starsky & Hutch (Scénariste - 1 épisode, 1977)